Le don de lait maternel

Publié le par Anna

Avant d'être enceinte, je savais que je voulais allaiter. Je ne savais pas comment ça se passerait et je n'y connaissais rien d'ailleurs car peu de femmes de mon entourage avaient allaité.
J'avais entendu parler du don de lait par une copine de fac. Pendant ma grossesse, je m'étais renseignée sur le sujet en ayant en tête de me lancer dans l'aventure.

Sauf que ce qu'on s'imagine, n'est pas forcément la réalité... et dans mon cas, les suites de couche ont été un peu compliquées (et presque 9 mois après, ce n'est pas encore le top...), et mon projet de don de lait est très vite tombé aux oubliettes.

Et avec ce blog, j'ai à coeur de vous parler du don de lait. N'ayant pas participé à ce généreux projet, je n'étais pas la mieux placée pour vous en dire plus...
Quoi de plus logique que de faire appel à Gaëlle, ma copine de fac, pour vous donner quelques informations.
Je vous laisse découvrir le parcours de Gaëlle à travers une interview.


 

Le don de lait maternel

Bonjour Gaëlle.
Tu as 2 petites filles que tu as allaitées et tu essayes autant que possible de promouvoir le don de lait maternel.

C’est exact, je me suis rendue compte que très peu de mamans qui allaitent sont au courant qu’il est possible de donner son lait, que c’est beaucoup plus simple que ce que l’on peut penser et surtout que cela sauve des bébés !

Peux-tu nous raconter comment se sont passés tes 2 allaitements ?
J’ai toujours voulu allaiter, je ne sais pas pourquoi exactement, mais cela était une certitude pour moi. 
Pour ma première fille j’ai été un peu perdue comme toutes les mamans avec plein de questions qui se bousculaient : est-ce qu’elle tête assez ? mon lait est-il assez riche ? etc. 
J’ai eu la chance d’avoir une super sage femme qui m’avait bien préparée, et aussi une maman qui m’a soutenue et m’a transmis une confiance que je n’avais pas forcément.
Pour ma seconde j’ai été plus en confiance, même si j’ai quand même eu des interrogations.  
J’ai allaité ma première fille 6 mois et ma seconde 14 mois.

Comment as-tu été informée sur le don de lait maternel ?
Ma maman avait donné son lait lorsque j’étais moi-même bébé… 33 ans après, le don de lait n’est pas beaucoup plus répandu. Elle en a toujours ressenti une grande fierté, et je la comprends aujourd’hui !

Peux-tu nous en dire plus sur tes motivations et ce qui t’a décidée à te lancer dans cette aventure ?
Je n’ai pas donné pour ma première fille. J’y avais pensé mais elle est née en début d’été, nous étions en vadrouille, et ensuite j’ai repris le travail. Le lait que je tirais était destiné à ma fille.
Pour ma seconde fille l’idée du don de lait était toujours présente et comme j’étais en congé parental je me suis lancée.
Sur internet j’ai pris contact avec le lactarium de ma région, le lait est absolument nécessaire pour la survie des bébés prématurés, car ils ne tolèrent pas le lait artificiel, et les mamans qui ont accouché prématurément n’ont pas forcément la montée de lait juste après la naissance. Le don de lait permet de sauver ces bébés en attendant que leur maman puisse prendre le relais. D’ailleurs beaucoup de donneuses sont des mamans de prémas qui ont commencé à tirer leur lait en service de néonat et qui font don de leur « surplus » et qui continuent ensuite.
Le lait provenant de dons peut aussi servir à nourrir des bébés hospitalisés ayant des pathologies digestives.

Peux-tu nous expliquer rapidement comment cela se passe ? Tirer son lait, conservation, collecte du lait… ?
C’est vraiment très facile. 
Tout se fait à domicile, une personne du lactarium, le collecteur, passe environ une fois par mois. 
Ils fournissent tout le matériel nécessaire, un tire lait électrique à double téterelle, des biberons stériles pour stocker le lait. Le lactarium de Paris fournit des pastilles de stérilisation à froid.

J’ai commencé à donner quand ma fille a eu 1 mois au lactarium de Paris qui englobe toute l’Ile-de-France, puis après mon déménagement dans le Gard, c’est le lactarium de Montpellier qui a reçu mes dons.
Les démarches peuvent varier un tout petit peu selon les lactarium mais les fondamentaux restent les mêmes. 
Pour commencer il faut faire une prise de sang (après une grossesse, une de plus ou une de moins…), on nous demande aussi de laver ses mains et son mamelon au savon avant de tirer son lait. Il faut aussi stériliser les téterelles entre deux tirages mais avec les pastilles de stérilisation c’est pas contraignant.

Au début de mon allaitement je tirais mon lait plusieurs fois par jour, à la fin de ma période de don (pour les 11 mois de ma fille) je ne tirais plus qu’une fois de temps en temps.
Ensuite, on stocke les biberons de lait au congélateur et on les donne au collecteur quand il vient les chercher. Si on a besoin de lait pour son bébé on peut tout à fait prendre ce lait là. Il est à nous tant qu’on ne l’a pas donné !

Quelles sont les démarches pour se lancer ?
Tout d’abord il faut prendre contact avec le lactarium de sa région. 
Il ne faut pas avoir peur d’être dans un endroit isolé : le lait est tellement précieux que les lactariums font parfois des centaines de kilomètres pour venir le chercher.
Les conseillères en lactation des lactariums sont souvent de bon conseil. On peut les appeler pour n’importe quel problème lié à notre allaitement ou au don, elles sont très à l’écoute.
A la fin de l’allaitement, on reçoit une carte de remerciement, et on nous dit le nombre de litres que l’on a donné. 
En 10 mois, j’ai donné presque 40 litres de lait. Sachant qu’un bébé prématuré consomme en moyenne 15ml par tétée.
Je peux le dire : j’ai sauvé des vies, et ça me rend fière !
 

contact :
http://association-des-lactariums-de-france.fr/

 

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Publié dans allaitement, vie de maman

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